Poursuivis à la suite du coup d’État de décembre 1851

Notices individuelles

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Maitret - François Alexandre
Numéro d’ordre : 17083 - Numéro de dossier : 58

Informations personnelles

Lieu de naissance : Brienne-le-Château Aube
Âge : 41 ans
Statut conjugal : Célibataire
Domicile : Chaumont, Marne (Haute)
Profession : Avoué et membre du Conseil général
Type d’activité : Professions libérales
Secteur : Professions libérales

Décisions des commissions mixtes départementales et des commissions militaires de Paris

Décision de la commission mixte Marne (Haute) : Eloignement 7 ans

Observations en liste générale : Provocation à la guerre civile. Appel aux armes. Protestation contre les actes du gouvernement. Chef du parti démagogique. Eloquent. Dangereux propagandiste. Ses relations lui ont acquis une grande influence dans le département.
Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : "Provocation à la guerre civile. Le 3 décembre 1851, quand les événements accomplis à Paris commençaient à être connus à Chaumont, 15 membres environ du conseil municipal se réunirent à l'hôtel de ville. La réunion était illicite et les tendances exaltées de ceux qui la composaient devaient la rendre dangereuse d'autant plus que divers individus, étrangers au conseil municipal, étaient venus s'y joindre. Bientôt, en effet, les agitations de cette réunion se traduisirent par l'agitation au dehors et d'odieux propos. L'inculpé Maitret faisait partie de l'assemblée, il semblait la présider et en diriger la discussion. Quand un des témoins pénétra dans la salle, on discutait les termes d'une protestation contre les actes du gouvernement. Le sieur Maitret tenait la plume et rédigeait la protestation. Il en donna lecture; elle se terminait par le mot armes et suivant la déposition d'un témoin, elle lui fit l'effet d'un appel aux âmes.
Et à ce moment, un arrêté préfectoral ordonnant la dispersion de cette assemblée illicite fut signifié par le maire. Le sieur Maitret, comme si la présidence de l'assemblée lui eut appartenu, protesta contre cet arrêté et demanda impérieusement que l'acte officiel lui fut exhibé. Ensuite, avec trois de ses collègues, il se rendit à la Préfecture et là, demanda l'autorisation pour le conseil municipal de rester réuni, protestant du désir de cette assemblée de maintenir l'ordre et promettant son concours personnel pour y réussir. L'autorisation fut accordée, à la condition qu'on ne prendrait aucune délibération et qu'on ne ferait ni proclamation ni protestation collective. Cependant, à peine rentré à l'hôtel de ville, la question politique fut reprise et on proposa de nouveau de protester. Le sieur Maitret indique alors les termes d'une nouvelle protestation et comme il ne concluait pas, on lui cria ""après ! après !"". ""Après, répondit Maitret, après nos fusils et nos balles !""
Un assez grand nombre de personnes de la même nuance politique, étrangères au conseil municipal et même à la ville, étaient venues grossir l'assemblée quand le Préfet mieux informé de la valeur des promesses qu'on lui avait faites et du but et des desseins de la réunion la fit disperser et occuper l'hôtel de ville par la troupe de ligne.
Dans la soirée du même jour une protestation fut présentée au lithographe Croix pour qu'il l'imprimât. Le sieur Croix, bien qu'il appartint au parti exalté, fut si effrayé des termes incendiaires de cette protestation qu'il se cacha pour ne pas l'imprimer. Par suite elle ne fut pas imprimée.
II n'a pas été possible à 'instruction d'établir si cette protestation portée chez le sieur Croix était la même que celle que Maitret avait rédigée le matin qui se terminait par le mot armes, ou que celle qu'il avait projetée dans la soirée ou, si elle avait été rédigée dans d'autres termes et par une autre personne. Antécédents. La position de M. Maitret et son intelligence en font certainement le chef, la tête du parti démagogique, non seulement à Chaumont mais dans le département. Membre du conseil municipal, membre du conseil général, avocat éloquent, avoué fort occupé, ses nombreuses relations l'ont mis à même de faire une dangereuse propagande et lui ont acquis une grande influence sur la population.
Il a toujours su, tout en restant le chef reconnu de la démagogie dans le département, diriger sa conduite politique avec assez d'habileté pour ne pas donner prise contre lui et pour que les instruments étant frappés, celui qui les conduisait put rester à l'abri.
Tous les nombreux renseignements émanés de toutes les autorités et aussi la notoriété publique s'accordent pour le signaler comme le chef le plus dangereux et le plus influent du département. (Haute-Marne. Décisions de la Commission mixte, SHD, 7 J 74)"

Grâces et commutations de peine

Sources

Liste générale : Archives nationales F/7/*/2592 Dossiers de grâce : BB/30/471




Réalisation de la base de données : Jean-Claude Farcy Programmation web : Rosine Fry (2013) puis David Valageas (2018) Hébergement : LIR3S-UMR 7366 CNRS uB
Référence électronique : Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, Poursuivis à la suite du coup d’État de décembre 1851, Centre Georges Chevrier - (Université de Bourgogne/CNRS), [En ligne], mis en ligne le 27 août 2013 (adresse http://tristan.u-bourgogne.fr/Inculpes/WEB/1848_Index.html) puis le 20 juillet 2018, URL : http://poursuivis-decembre-1851.fr/index.php