Poursuivis à la suite du coup d’État de décembre 1851

Notices individuelles

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Constans - Roch Isidore
Numéro d’ordre : 7273 - Numéro de dossier : 18

Informations personnelles

Lieu de naissance : Castelsarrasin Tarn-et-Garonne
Âge : 51 ans
Statut conjugal : Célibataire
Domicile : Castelsarrasin, Tarn-et-Garonne
Profession : Avoué
Type d’activité : Professions libérales
Secteur : Professions libérales

Décisions des commissions mixtes départementales et des commissions militaires de Paris

Décision de la commission mixte Tarn-et-Garonne : Expulsion

Observations en liste générale : Chef du parti démagogique. Le 3 décembre voulait faire tourner au profit de l'insurrection son influence comme conseiller municipal. Sa position de fortune lui donne un grand ascendant sur les masses.
Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Il se rendit au conseil municipal le 3 décembre au soir après l'arrivée de la dépêche annonçant la résolution du Président de la République. Ce conseil se déclara en permanence. De là partirent des lettres écrites au sous-préfet, par lesquelles on exigeait que ce magistrat donnât communication de tous les paquets. On avait même la prétention de lui faire d'autres injonctions et de lui dicter des conditions. C'est le sieur Bergé, son clerc qui a dicté ces lettres, ce qui fait admettre que c'est lui qui les a inspirées. La manière dont il se défend corrobore cette présomption car il ne sait, lui qui était dans la salle, ni qui a dicté, ni qui a écrit ces lettres, ni ce qu'elles contenaient. Enfin le secrétaire de la mairie qui les a écrites a déclaré qu'elles avaient écrites de l'adhésion de tous les membres du conseil municipal et Constans était le membre le plus influent de ce conseil.
La famille Constans et surtout Constans l'avoué, est depuis fort longtemps à la tête de l'opposition démocratique dans l'arrondissement de Castelsarrasin. Isidore Constans est un homme qu'a toujours dévoré la soif d'exercer une domination absolue dans son pays. Ce qui le rend excessivement dangereux, c'est qu'il est fort habile en politique, n'agissant jamais qu'avec la plus grande prudence, ne se compromettant jamais qu'à demi dans les révolutions et se réservant toujours, dans le cas de la non réussite de ses complots, quelques moyens préparés par la ruse et à l'aide desquels il espère non seulement se créer une excuse, mais se procurer même des titres à la bienveillance des hommes d'ordre. L'on conçoit qu'avec une telle tactique, Constans ait trôné sans contestation, à la mairie et à la sous-préfecture de Castelsarrasin immédiatement après la révolution de Février. Depuis, à chaque mouvement de l'opinion démagogique, à chaque élection, les Constans ont toujours fait la plus vive opposition au gouvernement. Seulement dans ces derniers temps, les sieurs Leygue et Flamens, signalé ci-après, étaient venus leur disputer un empire que jusque là ils avaient exercé sans partage. Aussi en face de cette nouvelle phalange du socialisme, les Constans allaient-ils partout disant qu'ils étaient conservateurs. Mais ils n'en continuèrent pas moins à être des hommes de désordre de la pire espèce.
Voici du reste les précédents politiques de Constans. Dans les premières années qui suivirent la révolution de 1830, il fut, à deux reprises, maire de Castelsarrasin, mais ses instincts d'opposition le firent destituer. Il fut sous le règne de Louis Philippe l'un des membres les plus actifs de l'opposition, soit au conseil municipal, soit au conseil général où il représentait le canton de Grisolles. Après la révolution de Février, abusant de sa position de maire dans l'intérêt de la candidature de son frère à l'assemblée constituante, il ne forma qu'une seule section pour tout le canton, composée de 3600 électeurs, afin d'empêcher les paysans qui lui étaient hostiles de voter. La garde des portes et de la salle du scrutin fut confiée à des révolutionnaires qui lui étaient dévoués et les électeurs ne furent admis qu'un à un, afin de les avoir mieux sous la main. Les paysans s'indignèrent, une collision eut lieu entre eux et les gardes du scrutin. Constans prit la fuite, un paysan fut tué et 34 furent blessés. Il fut, à cette occasion, destitué par le commissaire général de Tarn-et-Garonne. Comme avoué, il fut suspendu de ses fonctions pendant cinq jours, le 20 octobre 1840 pour avoir fait déclarer à un huissier, dans un original de signification que celui-ci avait remis deux copies qui n'avaient jamais existé.
Son influence était considérable dans l'opposition et quand il fut arrêté, l'on osait pas croire dans la campagne qu'on eut porté la main sur une telle puissance. Cet inculpé a tourné contre le pouvoir et l'ordre l'influence que lui donnaient sa fortune et sa position. Grâce à lui, l'arrondissement et surtout la ville de Castelsarrasin avaient été envahis par l'esprit démagogique à tel point que les hommes d'ordre en éprouvaient une sorte d'intimidation, résultat détestable et qui doit faire peser sur cet inculpé une grave responsabilité. Son amour démesuré de l'argent, son ambition, des haines, les moyens qu'il emploie pour les assouvir lui avaient enlevé l'estime publique.
Sa fortune et celle de son frère sont évaluées à 600 mille francs. (Département du Tarn et Garonne. Commission départementale instituée par l'instruction collective du 3 février 1852, A.N., BB/30/402)

Grâces et commutations de peine

Grâce accordée par le chef de l’État :
Internement le 15/08/1852
Autorisé à rentrer à son domicile le 29/12/1852

Sources

Liste générale : Archives nationales F/7/*/2589 Dossiers de grâce : BB/22/143/1




Réalisation de la base de données : Jean-Claude Farcy Programmation web : Rosine Fry (2013) puis David Valageas (2018) Hébergement : LIR3S-UMR 7366 CNRS uB
Référence électronique : Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, Poursuivis à la suite du coup d’État de décembre 1851, Centre Georges Chevrier - (Université de Bourgogne/CNRS), [En ligne], mis en ligne le 27 août 2013 (adresse http://tristan.u-bourgogne.fr/Inculpes/WEB/1848_Index.html) puis le 20 juillet 2018, URL : http://poursuivis-decembre-1851.fr/index.php