Poursuivis à la suite du coup d’État de décembre 1851

Notices individuelles

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Antoine - Victor
Numéro d’ordre : 566 - Numéro de dossier : 16

Informations personnelles

Lieu de naissance : Lunéville Meurthe
Âge : 50 ans
Statut conjugal : Veuf 2 enfant(s)
Domicile : Nancy, Meurthe
Profession : Avoué à la cour d'appel de Nancy
Type d’activité : Professions libérales
Secteur : Professions libérales

Décisions des commissions mixtes départementales et des commissions militaires de Paris

Décision de la commission mixte  : Expulsion

Observations en liste générale : Un des chefs intelligents et actifs de la démagogie à Nancy. Saisie de lettres qui prouvent clairement que les comités démagogiques, continués par les élections, sont devenus de véritables sociétés secrètes. Son domicile était un lieu de réunion démagogique.
Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : "Un des chefs intelligents et actifs de la démagogie à Nancy. On lui reproche de négliger les affaires étrangères à la politique. En 1848, le 26 février, il a été commis à la recette générale, comme membre délégué de la commission d'organisation départementale. De concert avec M. Louis, il s'occupait, depuis plusieurs années, de préparer auprès des jurés des acquittements dans toutes les affaires politiques et même dans d'autres où Me Louis plaidait. Deux lettres écrites par lui au docteur Léman, poursuivi et arrêté pour sociétés secrètes, ont été saisies tout récemment à Phalsbourg. Dans la première datée du 19 mai 1849 on lit : ""Nous vous remercions tout de votre bon souvenir amical et patriotique tout à la fois. Le nôtre vous est acquis et nous pensons comme vous qu'il est important de conserver nos bonnes relations afin d'être sur la brèche au premier signal. Nous acceptons donc votre offre tout républicaine et vous engageons à maintenir votre commission. La nôtre restera ce qu'elle est et considère comme un élément de force et de puissance d'être associé et de rester en correspondance avec des hommes tels que vous, que nous aimons et estiment de tout coeur."" Il résulte clairement de cette lettre que les comités démagogiques constitués pour les élections, devenus depuis de véritables sociétés secrètes, sont restés organisés et en correspondance entre eux.
Dans une 2e lettre du 24 juillet 1849 on lit ce qui suit : ""Oui, on avait demandé des visites domiciliaires chez nous. Non, on n'en a pas fait, grâce aux magistrats des parquets de la localité qui n'ont pas osé aller jusque là. Oui, nous mou sommes réunis pour les affaires d'Allemagne, du Haut et du Bas Rhin et ma maison a été le centre de réunion. Mais nous ne nous sommes pas rassemblés en vue des événements de Paris en Juin. Nous n'avons rien à craindre comme toujours, et, comme vous, nous défions nos ennemis politiques et nous aurions bien voulu qu'ils allassent jusqu'à porter la main sur nos domiciles. Ils ont craint l'avenir et ils nous ont malgré eux respectés, car ils savent que tôt ou tard cet avenir est à nous et qu'il faudra nous demander grâce de leurs mauvaises actions. Tout en redoutant quelques utopies dangereuses, comme vous je me fais rouge car il n'y a plus que deux nuances bien tranchées"".
A ces deux lettres si significatives déjà, viennent s'ajouter des faits antérieurs plus concluants encore. Ainsi, dans le courant de l'automne dernier, plusieurs réunions ont eu lieu chez Antoine. C'est à la suite de ces réunions qu'a été formé le comité de onze membres, dont il a été appelé à faire partie, pour la propagande démagogique. C'est lui qui convoquait les démagogues. C'est chez lui que leurs réunions se tenaient. C'est chez lui qu'a eu lieu le dépouillement du scrutin de plus de 400 votants pour l'élection du comité. Il prétend ne pas avoir accepté son élection ainsi que Mes Louis et Laflize. Une lettre qu'il a écrite au nommé Pâté prouve manifestement qu'il a accepté et rempli ces fonctions et qu'il n'a pas cessé de faire de la propagande, même depuis le 2 décembre. Au surplus, il n'avait pas besoin de faire nominativement partie du comité pour le diriger et, s'il n'avait pas de mission politique spéciale, il est certain qu'il conservait un rôle plus étendu.
Antoine assistait le 3 décembre à la réunion qui a eu lieu dans les bureaux du Patriote quand le comité décide que le moment n'était pas venu d'attaquer. Dans le même instant, un certain nombre de démagogues se tenaient dans un café voisin, attendant un signal pour descendre dans la rue.
Les antécédents d'Antoine, son attitude après le 2 décembre, ne permettent pas de douter qu'il n'ait fait partie de sociétés secrètes, qu'il ne soit un des chefs du parti démagogique dans la Meurthe, et il y a justice, convenance et opportunité à l'expulsion du territoire. (Procès-verbal des délibérations du Tribunal mixte du département de la Meurthe, A.N., BB/30/401)"

Grâces et commutations de peine

Grâce accordée par le chef de l’État :
Internement le 20/09/1852
Remise le 02/02/1853

Sources

Liste générale : Archives nationales F/7/*/2588 Dossiers de grâce : BB/22/156
Dossier de pension : Archives nationales F/15/4054




Réalisation de la base de données : Jean-Claude Farcy Programmation web : Rosine Fry (2013) puis David Valageas (2018) Hébergement : Centre Georges Chevrier-UMR 7366 CNRS uB
Référence électronique : Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, Poursuivis à la suite du coup d’État de décembre 1851, Centre Georges Chevrier - (Université de Bourgogne/CNRS), [En ligne], mis en ligne le 27 août 2013 (adresse http://tristan.u-bourgogne.fr/Inculpes/WEB/1848_Index.html) puis le 20 juillet 2018, URL : http://poursuivis-decembre-1851.fr/index.php