Poursuivis à la suite du coup d’État de décembre 1851

Notices individuelles

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Jourdain - Gustave Auguste
Numéro d’ordre : 14692 - Numéro de dossier : 43

Informations personnelles

Lieu de naissance : Felletin Creuse
Âge : 32 ans
Statut conjugal : indéterminé
Domicile : Felletin, Creuse
Profession : Avocat
Type d’activité : Professions libérales
Secteur : Professions libérales

Décisions des commissions mixtes départementales et des commissions militaires de Paris

Décision de la commission mixte Creuse : Algérie moins

Observations en liste générale : Appel aux armes. Candidat à l'assemblée législative sous le patronage de Nadaud. Propagandiste ardent. Très dangereux par ses idées et par son éducation.
Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : "Le 6 décembre, il écrit à l'inculpé Malthieux une lettre qui n'a pas été saisie mais dont le sens a été reproduit par de nombreux témoins. Elle était conçu à peu près en ces termes :
""Cher citoyen,
La révolution marche à grand pas. Lyon est levé ! Paris combat ! L'Auvergne est en feu ! Toute la Creuse doit se lever à la même heure, cinq de nos représentants ont été arrêtés. Marchons en tête, déjà trop de sang a été répandu. Tenez-vous prêt, à demain au plus tard. Vengeance !
Le message que je vous enverrai sera porteur d'un morceau de drap rouge. Et en marge : parlez-en à Ninard et à Pourthier"".
En recevant cette lettre Malthieux se coiffe d'un bonnet rouge et la colporte. Plusieurs individus sont invités à prendre les armes, une vive émotion se manifeste dans le pays. Les correspondances saisies au domicile de Jourdain prouvent que cet inculpé était en relation intime avec les socialistes les plus ardents de la Creuse et de Paris, les espérances que donnait à ce parti l'approche de 1852, y sont audacieusement exprimées. En 1849, il avait été candidat à l'assemblée législative. Le patronage de son ami Nadaud, ancien représentant, semblait devoir assurer le succès d'une nouvelle candidature aux élections de 1852. Il était devenu dans l'arrondissement d'Aubusson le centre de la propagande anarchique à laquelle il s'était dévoué tout entier. Il annonçait le prochain succès de Nadaud qui, disait-il, sera nommé président de la République. Un témoin lui ayant demandé le 11 novembre de quels moyens il disposait pour assurer ce succès, il répondit : ""qu'il pouvait compter sur le dévouement de 20 hommes au moins par commune; que tout individu qui se refuserait de le suivre serait fusillé sur l'heure; qu'on incendierait les maisons de tous ceux qui prendraient la fuite; que leur plan était de mettre toutes les campagnes en pleine insurrection avant de rien tenter sur les villes""
Il ajoute que les habitants des campagnes recevraient des instructions de se tenir prêts, que les fusils seraient nécessaires.
Cet inculpé a pris la fuite et n'a pu être arrêté. Il a été condamné deux fois pour tapage injurieux et nocturne par le tribunal de simple police d'Aubusson et de Felletin. (Procès-verbal des décisions de la Commission mixte du département de la Creuse, SHD, 7 J 69)"

Grâces et commutations de peine

Sources

Liste générale : Archives nationales F/7/*/2591
Dossier de pension : Archives nationales F/15/4187




Réalisation de la base de données : Jean-Claude Farcy ✝ Programmation web : Rosine Fry (2013) puis Morgane Valageas (2018) Hébergement : LIR3S-UMR 7366 CNRS uB
Référence électronique : Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, Poursuivis à la suite du coup d’État de décembre 1851, Centre Georges Chevrier - (Université de Bourgogne/CNRS), [En ligne], mis en ligne le 27 août 2013 (adresse http://tristan.u-bourgogne.fr/Inculpes/WEB/1848_Index.html) puis le 20 juillet 2018, URL : http://poursuivis-decembre-1851.fr/index.php